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Elles ont commencé à apprivoiser le sifflet et la panoplie de l'arbitre, il y a un peu plus de six ans. Elsa et Charlène étaient en début de semaine à Tournefeuille parmi les six binômes qui ont œuvré à l'occasion des Interligues féminins 2021-2022.

Quand arbitrer est devenu un plaisir !

Leur moteur: le plaisir et très certainement au départ, la volonté de côtoyer un autre univers. Rencontrées pendant les Interligues féminins qui ont eu lieu cette semaine à Tournefeuille, Elsa Bueno et Charlène Cazenave (de gauche à droite sur notre photo) faisaient partie des six binômes qui ont arbitré quelques-uns des 36 matches programmés sur trois jours. Issues du club d'Asson Sports en plein coeur du Béarn où d'ailleurs elles jouent toujours sur chaque aile, les deux complices âgées de 19 ans comptent bien gravir les échelons pour un jour atteindre le plus haut niveau. 

Quelle est l’histoire de votre binôme ? 
Charlène Cazenave : On est devenue des amis quand on a commencé à jouer au hand en moins de 13 dans le même club. A Asson, des stages d’arbitrage étaient proposés et on s’est laissé tenter. On a commencé à arbitrer sans savoir ce que cela allait donner et on s’est vraiment prise au jeu. 
Elsa Bueno : la curiosité de découvrir quelque chose de nouveau nous a guidées. On ne regrette pas surtout qu’en étant joueuse, on a pu mesurer quel était le rôle de l’arbitre. Il y a un cadre à respecter. Au niveau des contacts, on va plus se maîtriser. On incite même nos partenaires à garder leur sang-froid et à rester dans les règles. 

Le fait d’être arbitre a donc changé votre comportement de joueuse ? 
C.C : Tout à fait. Etant aussi de l’autre côté de la barrière, on comprend mieux les difficultés qu’on peut rencontrer en étant arbitres. Je me mets à leur place et cela conditionne vraiment le comportement. 

Vous n’avez pas abandonné votre tenue de joueuse au profit de celle d’arbitre…
E.B : non, c’est nécessaire. Dans l’arbitrage, il y a un côté autoritaire. Il faut garder la possibilité de se défouler sur un terrain et le fait de jouer dans une équipe, nous permet de le faire. 
C.C : il y a aussi la notion d’amusement. On prend du plaisir à arbitrer mais il y a une plus grande rigueur à observer, cela n’a rien à voir quand on dispute un match comme joueuse. 
E.B : Et puis au sifflet, nous ne sommes que deux alors que joueuse, on est au sein d’un groupe. Le contexte est différent. 

Est-ce que le fait d’arbitrer à modifier votre tempérament ? 
E.B : Je n’ai pas l’impression. 
C.C : J’avoue qu’il m’arrive d’avoir des coups de sang mais ça retombe très vite car dans la vraie vie, je suis d’un naturel plutôt calme. Elsa est là pour me recadrer (rires) !

Comment vous voyez-vous évoluer au sein de l’arbitrage ? 
E.B : Là, nous sommes en T1 Performance et dans le court terme, on ambitionne de passer en T1 National. L’objectif est d’aller le plus loin possible et d’apprendre un maximum de choses de cette expérience. 
C.C : On a vécu intensément ces trois jours d’Interligues. C’est vrai qu’on arbitre ensemble depuis 6-7 ans mais là, on a la sensation d’avoir évolué. C’est la 1ère fois qu’on rencontrait Jérôme (Briois, le patron du Parcours de Performance Fédérale Arbitrage à la FFHB) qui a pris le temps de nous conseiller. Les débriefs ont été très constructifs. Cela nous a beaucoup apporté. Ce stage a été bénéfique sur le mental et la vision du jeu. 

Plus vous allez progresser, plus vous allez arbitrer une population plus âgée que vous…
C.C : On en a conscience et on en a déjà parlé mais comme on n’est pas du tout décidé à se laisser marcher dessus, cela ne nous perturbe pas plus que ça. On privilégie le dialogue si cela reste en toute bienveillance. 
E.B : Si c’est de la provocation ou que le joueur en profite parce qu’on est des filles, on ne se laissera pas faire. 

Est-ce que comme un joueur peut avoir un modèle, vous, arbitre, vous vous inspirez d’un style d’arbitrage ? 
E.B : C’est vrai que lorsqu’on voit un match de haut niveau à la télé, on va se focaliser sur les arbitres et la façon dont sont prises les décisions. C’est très enrichissant.
C.C : On ne va pas s’identifier à tel ou tel. On veut tout simplement se nourrir de ce qu’on voit et mettre en avant notre personnalité. Notre ambition c’est d’être retenu dans des compétitions de très haut niveau. 

Accéder a minima à l’Elite de l’arbitrage…
les deux : C’est exactement ça. 

Pour le moment, il n’y a qu’un binôme féminin au plus haut de la hiérarchie française. Les sœurs Bonaventura…
les deux : Eh bien, on sera le 2ème (rires) ! 

Quelles sont les qualités d’un bon arbitre ? 
C.C : avoir beaucoup d’assurance, de la confiance en soi et ne pas montrer ses failles sur le terrain. 
E.B : Même si une décision est contestée, si on est sûre qu’il fallait la prendre, personne ne viendra la contester. 
C.C : il faut et c’est important, savoir bien parler. Il ne faut jamais laisser une question sans réponse et si une remontrance nous est adressée, il ne faut pas la prendre mal. Plus on sera claire, vis-à-vis d’un joueur, d’un entraîneur, plus le message passera mieux. Il faut aussi faire comprendre à nos interlocuteurs qu’on représente aussi une certaine autorité. 

Faut-il obligatoirement s’entendre dans la vie pour former un binôme ? 
E.B : c’est évident… primordial. La communication est la base du binôme. Si on ne s’entend pas humainement, cela rejaillira sur les décisions. Et là, ce sera une catastrophe. Comment être crédible vis-à-vis de ceux qui sont en face de nous ? 
C.C : je sais que si un jour, mes rapports avec Elsa se dégradent, je cesserai d’arbitrer. 

Quelles qualités, trouves-tu à ton binôme ? 
C.C : Elsa ? Elle me canalise et elle est super généreuse
E.B : Charlène est constamment bienveillante avec son entourage. 

Et les défauts ? 
C.C : Elsa aime bien avoir toujours raison (rires)
E.B : Charlène est un peu trop sanguine, elle s’énerve un peu trop facilement et ça se voit sur le terrain. 


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