Envie de participer ?

4 sur 4. Ce samedi, les Toulousaines ont enchaîné leur 4ème succès en autant de rencontres. Si la saison ne fait que débuter et que les grosses cylindrées de la poule ne se sont pas encore présentées, les joueuses du TFH ont la volonté de lâcher la N1 et de s’installer de façon pérenne, à l’étage supérieur en D2F. Le chemin est encore semé d’obstacles mais tout le monde au club, président en tête est motivé.

Le sans faute des filles du TFH

Elles surfent carrément sur la vague et la dynamique enclenchée depuis le début de la saison persiste au fil des matches. Quatre victoires en autant de rendez-vous et même si le coach Fabien Vedel (photo ci-dessous) reconnaît que « les filles ont pour le moment affronté des équipes à leur portée… » et que « les gros arrivent et le test se fera véritablement sur ces oppositions », le Toulouse Féminin Handball caracole en tête de la poule 4 de Nationale 1 féminine. D’ailleurs la 4ème journée de championnat a été riche d’enseignements puisque de quatre équipes à occuper ex aequo les 1ères places, elles ne sont plus que deux (les Hauts-Garonnaises et Le Pouzin), la réserve de Bourg de Péage et Pays d’Aix ayant mal négocié leur déplacement du samedi.



Le TFH s’est largement imposé face à une modeste équipe de Blanzat Montluçon (44-29), non sans avoir connu une entame plutôt poussive où les maladresses dans les intentions offensives et les largesses en défense ont permis à l’adversaire de rester au contact (7-8 à la 11è). Il a suffi d’un temps mort judicieusement posé pour que tout rentre dans l’ordre et que la machine trouve enfin sa plénitude. La réponse des Toulousaines a été sans équivoque, un 11-1 passé en douze minutes. Et le tableau d’affichage alimenté notamment par le duo Fanny Pigal-Marion Theys ou la jeune et talentueuse Anna Marandel (16 ans), s’est emballé (30-12 plus gros écart à la 35ème). Fabien Vedel avait déjà utilisé la profondeur de son banc. « On veut impliquer tout le groupe et quand un match se déroule de la sorte, c’est logique que je fasse des rotations. Certaines joueuses qui n’avaient pas été sollicitées jusque-là, ont eu l’occasion de montrer ce dont elles étaient capables. » Blanzat Montluçon a profité de la situation pour réduire l’écart mais le mal était fait depuis longtemps. Le TFH enchaîne mais la saison ne fait que débuter. Et même si les dirigeants (voir plus bas) ont pour objectif l’accession à l’étage supérieur, le coach lui reste pragmatique à la tête d’un groupe où excepté la gardienne trentenaire Andrea De La Torre, toutes les filles ont entre 16 et 26 ans. « Le collectif est jeune et c’est vrai que c’est encourageant car la marge de progression est énorme. L’objectif d’accéder à la D2F est étalé sur deux ans mais qu’on le veuille ou non, il y a forcément la pression du résultat. Les joueuses vivent avec cela intensément donc le message est plus facile à faire passer. Pour le territoire, ce serait bien d’avoir un club féminin qui se détache vers le haut niveau. »



Le chemin est encore long et les obstacles nombreux, ce qui fait dire à la philosophe de l’équipe, « Vouloir monter c’est ambitieux mais il faut garder l’envie et surtout le plaisir de jouer. » Arrivée cet été de Bouillargues (Gard), Andrea De La Torre peut mettre toute son expérience au service de ses coéquipières. Ses références suscitent le respect puisqu’avec la sélection espagnole, elle a évolué au plus niveau et accroché à son palmarès une médaille d’or aux Jeux méditerranéens en 2018 avant de gravement se blesser. « Je me sens bien à Toulouse. Malgré mon grand âge (rires), je participe aux blagues et aux bêtises pour mieux m’intégrer dans le groupe. Il y a beaucoup de jeunes joueuses et c’est comme un devoir de leur donner des conseils. Je parle beaucoup avec Orane, l’autre gardienne. Tu te rends compte, j’ai presque le double de son âge ! Elle est à l’écoute même si elle est libre d’appliquer ce que je lui recommande. Je trouve très naturel de transmettre ce que j’ai accumulé comme expérience. » Et d’avouer sans le moindre rictus que le TFH est prêt pour mordre à pleines dents dans ses ambitions. La D2 féminine.



Rémi Chambelin:  "A Toulouse, le hand féminin doit bénéficier de la place qu’il mérite."

Le projet est sur le bureau du TFH depuis quelques années. La montée vers la D2F est dans toutes les têtes et si atteindre l’objectif parait réalisable, les obstacles autant sportifs que structurels sont encore nombreux. Lorsqu’il a pris les commandes du club voilà presque deux ans, Rémi Chambelin a surtout pris la crise sanitaire de plein fouet. Cet ancien rugbyman du TUC qui s’est perdu un temps dans le vignoble champenois s’est attelé à la tâche en ne comptant pas ses heures. Il a fallu convaincre les partenaires de maintenir leur confiance et surtout endiguer la perte de licenciés. La mission a été remplie puisqu’avec l’effet Jeux Olympiques, les effectifs ont retrouvé le niveau d’avant Covid (environ 300 membres) et le partenariat n’a jamais aussi bien fonctionné.

Rémi, dans l’optique d’accéder à la D2F, cette pandémie a-t-elle été un frein ?
Evidemment. Sur le plan sportif, la saison dernière, l’équipe 1 n’a disputé que deux matches. Le point positif c’est qu’on en a profité pour nous structurer en termes de salariés et d’organisation du groupe.

Et pour attirer de nouvelles joueuses ?
Cela s’est plutôt bien passé. On en perd 3 qui avaient de toute façon décidé d’arrêter. On a gardé une ossature et on a recruté pour renforcer le collectif. On a pu récupérer Marion Theys (photo ci-dessous) qui a été formée au club et qui était partie à Lyon (Vaulx en Velin). Le paradoxe, c’est que Toulouse n’est pas une ville plus attractive que d’autres. Financièrement, le TFH n’a pas de gros moyens (budget de 215 000 euros), dans une grande agglomération, les aides sont diluées. En revanche, ce qui est intéressant, c’est qu’on peut faciliter les relations avec l’université. Une fille qui veut intégrer un master par exemple, on la met dans d’excellentes conditions.

La formation fait partie de l’ADN du club ?
Si on monte en D2 et qu’on veuille y rester, sans faire le yoyo, il va falloir mettre le paquet sur la formation d’où une volonté de structurer le club dès le plus jeune âge, pour garder nos meilleurs éléments. On veut aussi que la N3 accède à la N2 et surtout créer une TFH Académie pour aider les moins de 11 et de 13 à accéder au Pôle. Pour cela, on travaille beaucoup avec le comité 31, la Ligue.



Si le TFH a de grandes ambitions, le problème des infrastructures va vite se poser ?
Avec le budget qu’il faudra réunir, c’est le point noir du projet D2. Cela va devenir capital de disposer d’un lieu adéquat pour accueillir nos supporters et nos partenaires. On a multiplié les rendez-vous avec la Mairie de Toulouse, on partage les Argoulets avec le Fénix, le quartier se transforme et cela va drainer un gros bassin de population. L’idéal serait d’envisager la construction d’un nouveau gymnase d’ici 3 ou 4 ans. A minima, il faudra réaménager notre gymnase surtout si on monte en D2. Ou alors trouver une solution en dehors de Toulouse, tout est envisageable.

Vous allez chercher à innover sur l’offre destinée aux partenaires ?
Oui. Plutôt que de créer un club des partenaires qui est une formule un peu dépassée, on va tenter de les fédérer autour du handball en créant une activité de hand-fit pour les faire venir, eux ou leurs collègues.

La montée en deux ans… c’est une limite ?
Oui car si cela n’arrive pas, on va se retrouver à la fin d’un cycle, la fin d’un groupe et une certaine lassitude chez des filles à qui on parle de D2 et qui ne voient rien venir.

Il y a 11 ans, le TFH évoluait au sein de l’élite. Est-ce encore réalisable ?
J’espère que oui, le tout est de ne pas s’emballer. Il y a un 1er objectif de monter en D2, d’y installer des fondations et ensuite on verra ce qui peut advenir. A Toulouse, si le rugby, le foot et le hand masculin sont très présents, le hand féminin doit bénéficier de la place qu’il mérite.


 

Et Bruguières a décollé….

Tout vient à point à qui sait attendre et en poule 1 après un début de championnat difficile, le Bruguières Occitan Club est allé s’imposer dans les Pyrénées-Atlantiques, à Mourenx, 30-37. Si la 1ère période est restée indécise (16-16 à la pause) et si leurs adversaires avaient fait le break à un quart d’heure de la fin (25-21), à force d’envie et de sérieux dans la gestion de la balle, les joueuses de Sébastien Gandais ont tout simplement renversé la situation en fin de rencontre, inscrivant en six minutes, un 0/7 qui va laisser les Béarnaises sans réaction. Tout le collectif est à féliciter et en particulier Suzanne Marrier, meilleure réalisatrice dans le camp bruguiérois avec 8 buts. Ce succès est un vrai bol d’air pour le BOC 31 Handball qui quitte l’inconfortable place de lanterne rouge et peut envisager la prochaine venue de la réserve de Mérignac HB avec un peu plus de sérénité.


Commentaires

Connectez-vous pour pouvoir participer aux commentaires.